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Hamada Touré, l’architecte patient du capital de croissance en Afrique francophone

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Il y a des financiers qui brillent par le volume des annonces. Et il y a ceux qui marquent par la qualité des trajectoires, la précision des choix, la constance des méthodes. Hamada Touré appartient à cette seconde catégorie. Dans l’univers exigeant du private equity, il s’est imposé comme un profil rare : formé à l’école de la rigueur européenne, endurci par des places internationales, puis recentré sur un objectif clair : accompagner l’émergence de champions africains en misant sur les entreprises qui touchent le quotidien des consommateurs, celles qui grandissent vite mais doivent surtout grandir juste.

Depuis janvier 2021, il est Co-Founder & Managing Partner de Joliba Capital, un fonds de private equity dédié aux PME orientées consommation opérant en Afrique de l’Ouest et centrale francophones. Joliba est né en partenariat avec LBO France, investisseur multi-actifs français présent notamment en France, Italie, Afrique et Chine, une association qui dit beaucoup de l’ambition : ancrage local, standards internationaux, et une obsession partagée pour la création de valeur durable.

La discipline des chiffres avant la stratégie

Le socle du parcours de Hamada Touré se construit là où l’on apprend à ne rien laisser passer. À Paris, chez EY, entre décembre 2002 et juin 2007, il participe à des missions d’audit et à des due diligences buy-side et sell-side. C’est une période fondatrice, souvent sous-estimée : elle apprend la patience des preuves, la lecture des zones grises, la capacité à transformer des états financiers en décisions. Dans un monde où l’investissement se nourrit parfois de récits, l’audit est une école du réel. Et ce réel-là, Hamada Touré l’a intégré très tôt.

Dubaï, l’ouverture internationale et l’exigence corporate

Il quitte ensuite le cadre strict du cabinet pour entrer dans un univers plus opérationnel. À Dubaï, chez SLB (Schlumberger), de juin 2007 à octobre 2010, il occupe un poste de Financial Analyst avec une couverture Russie, Europe et Afrique. C’est le passage d’une finance de contrôle à une finance de pilotage. On y apprend que la performance n’est pas une abstraction : elle se construit dans la compréhension des cycles, des risques, des arbitrages de gestion. Dans un environnement global, la discipline devient un langage commun, et cette grammaire internationale le prépare à une suite plus offensive.

Le basculement vers l’investissement, l’Afrique comme terrain de jeu

À partir de novembre 2010, toujours à Dubaï, Hamada Touré rejoint Afribridge Capital comme Senior Associate. Pendant deux ans, il travaille sur des investissements “principal”, du M&A et des levées de fonds, avec une orientation Afrique. Cette séquence est un tournant : l’analyse ne suffit plus, il faut décider. Il ne s’agit plus seulement de comprendre les entreprises, mais d’en évaluer la trajectoire, la qualité managériale, la capacité à absorber la croissance. C’est aussi là que se consolide une conviction qui reviendra plus tard avec Joliba : en Afrique, la création de valeur est d’abord une affaire d’exécution.

Lagos, la vitesse comme test de vérité

En novembre 2012, direction Lagos. Hamada Touré devient Head of Investment Banking chez United Capital Plc, où il pilote des opérations de M&A et de project finance, avec une couverture Nigéria et Afrique francophone. Lagos est un révélateur : ici, l’intelligence d’un deal se mesure à sa capacité à tenir dans la réalité, au milieu des complexités réglementaires, des négociations serrées, des timelines compressées. C’est une école de vélocité, mais aussi de robustesse. Il en ressort avec une compétence rare : faire converger les intérêts, structurer sous contrainte, sécuriser l’exécution sans perdre la vision.

Amethis, l’expérience institutionnelle du private equity africain

En juin 2014, il rejoint Amethis Finance à Paris en tant qu’Investment Director, poste qu’il occupera jusqu’en avril 2021. Amethis, l’une des plateformes majeures du private equity dédié à l’Afrique, opère à un niveau où les standards institutionnels (gouvernance, reporting, discipline de portefeuille) sont structurels, pas optionnels. Dans cet environnement, Hamada Touré affine l’essentiel : l’investissement ne s’arrête pas à la signature. Il commence vraiment après.

Cette période est aussi celle de la gouvernance active. Il siège au conseil de plusieurs entreprises, dont Boulos au Nigéria, Afriwara en Côte d’Ivoire, France et Ghana, et NMA Sanders au Sénégal. Ce rôle de board member est un marqueur : il traduit une approche où l’investisseur devient partenaire de transformation, intervenant sur la structuration, la stratégie, les indicateurs de performance, l’organisation, la discipline financière et, souvent, la montée en puissance des équipes.

Joliba Capital, une thèse simple et exigeante : bâtir des champions du quotidien

Janvier 2021 marque une nouvelle étape : la création de Joliba Capital. Dans un marché où les besoins de financement sont immenses mais où la qualité de l’accompagnement fait la différence, Joliba assume un positionnement précis. Investir dans des PME orientées consommation en Afrique francophone, là où se joue une grande partie de la croissance réelle : distribution, biens et services du quotidien, entreprises proches des ménages, modèles économiques qui demandent à la fois de l’agilité et de la structuration.

Le partenariat avec LBO France installe un cadre : ambition panafricaine, méthodologie robuste, capacité à mobiliser des standards internationaux tout en restant au contact des réalités locales. Le message est clair : il ne suffit pas d’injecter du capital. Il faut renforcer la gouvernance, professionnaliser les processus, sécuriser le cash, fiabiliser la chaîne de valeur, et transformer une croissance parfois opportuniste en croissance maîtrisée.

Dauphine, la formation du raisonnement

Derrière cette trajectoire, il y a une formation qui explique la solidité du raisonnement. Hamada Touré est diplômé de l’Université Paris Dauphine-PSL, Master Finance – Audit and Financial Advisory (1999–2002). Dauphine est connue pour sa culture de la démonstration : modéliser, argumenter, structurer. Dans le private equity, où les décisions doivent survivre au temps, cette capacité à lier rigueur et intuition est une arme.

Une signature : la méthode au service du long terme

Ce qui se dégage du parcours de Hamada Touré, c’est une signature professionnelle : une préférence pour la méthode, une confiance dans la gouvernance, et une lecture très concrète de la création de valeur. Son itinéraire, de Paris à Dubaï, de Lagos à la structuration institutionnelle à Paris, puis au pilotage d’un fonds dédié aux PME africaines, raconte une même histoire : celle d’un investisseur qui croit aux fondamentaux, à l’exécution, et à la transformation patiente.

Dans l’écosystème africain, où l’on cherche de plus en plus des capitaux “intelligents”, capables d’apporter autant de discipline que de financement, ce type de profil devient stratégique. Joliba Capital, dans cette perspective, n’est pas seulement un véhicule d’investissement. C’est une thèse, une méthode, et une promesse : aider des entreprises du quotidien à devenir des références régionales.

Mérimé Wilson

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