Serge Stéphane Aouely, l’homme qui veut rendre la mobilité finançable en Côte d’Ivoire

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En Côte d’Ivoire, la mobilité n’est pas un luxe. C’est un accélérateur de revenus, un outil de travail, un facteur de ponctualité, d’efficacité commerciale et de logistique urbaine. À Abidjan, une voiture peut changer une trajectoire professionnelle : livreurs, artisans, commerciaux, VTC, PME… tous savent qu’un véhicule n’est pas seulement une dépense, mais un actif. Le problème, c’est l’accès : comment acheter, financer, assurer et entretenir un véhicule dans un marché où la confiance, la transparence et la structuration du crédit restent des combats quotidiens ? C’est sur ce terrain, à la fois économique et opérationnel, que Serge Stéphane Aouely déploie aujourd’hui sa stratégie.

Depuis juin 2024, il dirige Autochek Côte d’Ivoire en tant que Directeur Général. Sa mission ressemble à une promesse à tenir : traduire une ambition panafricaine (démocratiser la propriété automobile via une plateforme intégrant financement, assurance, maintenance et revente) en performance locale, dans l’un des marchés les plus dynamiques de l’UEMOA. Un poste de direction générale, au sens plein du terme : responsabilité de résultat, arbitrages de croissance, pilotage du risque, construction de partenariats et management d’équipes.

Ce qui singularise Aouely, c’est précisément le type de leadership qu’exige la fintech appliquée à la mobilité : l’alliance rare entre la vitesse commerciale et la discipline du portefeuille. Car le financement auto ne pardonne pas l’approximation. Le succès ne se mesure pas au volume de dossiers signés, mais à la qualité de la décision de crédit, à la robustesse des mécanismes de suivi, à la capacité de recouvrement et à la protection de la valeur des actifs. Dans son périmètre, tout est “end-to-end” : de l’origination à la structuration, du décaissement au monitoring, de la prévention à la récupération, avec une obsession; protéger la croissance en gardant le risque sous contrôle.

Cette exigence n’est pas nouvelle pour lui. Son parcours s’est construit sur des secteurs où la confiance est la monnaie la plus chère : fintech, énergie, transformation stratégique. Avant Autochek, il a été Country Manager d’Ejara pour l’Afrique de l’Ouest (2021-2024), au cœur des enjeux d’inclusion financière et d’adoption de nouveaux usages d’épargne et d’investissement via le mobile. Un univers où l’on apprend vite que l’innovation n’existe pas sans conformité, sans pédagogie et sans relations solides avec les parties prenantes publiques et privées. La fintech, en Afrique, est autant une affaire de produit que de crédibilité.

Avant Ejara, il a été membre de l’Executive Committee de Lumos Côte d’Ivoire, en charge des fonctions commerciales, marketing et logistiques. Là, le décor change, mais la leçon reste la même : l’impact se gagne sur le terrain, dans l’exécution, dans la capacité à gérer des équipes nombreuses, à tenir une promesse client, à absorber la complexité opérationnelle. L’énergie solaire domestique, comme la mobilité financée, oblige à penser “mass market” sans sacrifier la qualité. C’est une école de rigueur, et souvent une école d’humilité.

Plus tôt encore, Serge Stéphane Aouely a porté des responsabilités de direction dans le conseil et la transformation digitale, avec un ADN “stratégie + mise en œuvre”. Ce socle explique une partie de son style : transformer une vision en plan, un plan en système, un système en résultats. Et c’est sans doute ce qui fait la différence dans des marchés où l’environnement bouge vite : le dirigeant qui gagne n’est pas seulement celui qui annonce, c’est celui qui installe des routines d’exécution, des indicateurs clairs, une culture de performance et des garde-fous.

Sa formation vient consolider cette trajectoire : un Global Executive Master in Management à HEC Paris (promotion 2023), complété par un parcours orienté énergie (“Shape the Future of Energy”). Un double regard : management général et lecture des secteurs critiques. À l’heure où la mobilité touche à tout (finance, emploi, urbanisation, pouvoir d’achat, sécurité routière, environnement ) ce type de grille de lecture est un avantage compétitif.

À Abidjan, le défi d’Autochek est simple à formuler mais difficile à réussir : faire de l’automobile un actif accessible, en réduisant les frictions du marché. Transparence sur la qualité des véhicules, rapidité de décision, offres de financement structurées, après-vente crédible, et surtout construction d’une chaîne de confiance entre consommateurs, dealers et institutions financières. En clair : industrialiser un marché où l’informel pèse encore lourd, sans perdre l’agilité qui fait la force des startups.

C’est là que se joue le vrai portrait de Serge Stéphane Aouely : un dirigeant qui sait que la croissance n’est pas un slogan, mais une discipline. Un leadership de coalition (parce que le crédit est un sport d’équipe et un leadership d’impact mesurable) parce qu’on ne pilote pas un portefeuille au feeling. Dans un pays qui ambitionne de consolider son statut de hub économique régional, rendre la mobilité finançable et durable, c’est libérer des milliers d’initiatives : entrepreneurs mieux équipés, PME plus efficaces, travailleurs indépendants plus productifs.

Autochek Côte d’Ivoire n’est pas seulement une aventure d’entreprise. C’est une bataille d’infrastructure économique. Et Serge Stéphane Aouely, en chef d’orchestre du modèle local, se place au cœur d’une question très ivoirienne, très concrète : combien d’opportunités une voiture, correctement financée, correctement suivie, peut-elle débloquer ?

Mérimé Wilson

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