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Martin Kouakou, l’architecte discret des flux : du quai d’Abidjan à la logistique “door-to-door”

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Dans l’économie réelle, celle qui nourrit les usines, alimente les chantiers, sécurise les exportations et tient les délais malgré les imprévus, il existe des profils que l’on voit peu mais dont l’impact se mesure partout. Martin Kouakou est de ceux-là. Professionnel de terrain devenu dirigeant, il incarne cette génération de managers ivoiriens pour qui la performance ne se proclame pas, elle s’exécute. À Abidjan, au cœur d’un écosystème portuaire et logistique parmi les plus stratégiques d’Afrique de l’Ouest, il pilote aujourd’hui des opérations où chaque heure compte, chaque document engage, et chaque erreur peut coûter cher.

Managing Director de Greenways Transit depuis janvier 2024, tout en occupant depuis juillet 2022 le poste de Director of Operations de Green Ways Côte d’Ivoire, Martin Kouakou s’est construit sur une trajectoire cohérente : une progression méthodique dans la consignation maritime, le transit, le shipping, la coordination portuaire, le dédouanement et la logistique multimodale. Sa signature professionnelle tient en une phrase : maîtriser la chaîne, du navire jusqu’au dernier kilomètre.

La logistique comme discipline, pas comme slogan

La logistique est souvent réduite à une promesse commerciale. Chez Martin Kouakou, elle est une discipline. Une mécanique de précision qui combine réglementation, anticipation, négociation, leadership et culture du risque. Son périmètre actuel est large, presque encyclopédique, et dit beaucoup de sa capacité à “tenir” une chaîne bout en bout : opérations portuaires (consignation complète des navires et manutention), FCL/LCL, break bulk, transit door-to-door, fret air/mer, dédouanement, transport routier, opérations de projets, handling de projets Oil & Gas et miniers, stockage de conteneurs et de marchandises diverses.

Ce catalogue de services ne vaut que s’il s’accompagne d’une exécution solide. Et c’est précisément là que se joue la valeur : transformer une promesse logistique en expérience client fiable, chiffrée, maîtrisée, même dans un environnement portuaire où les contraintes administratives, les congestions, les délais de transit, les pénalités de demurrage et detention, ou encore les arbitrages d’Incoterms créent des zones de friction permanentes.

Le manager des opérations, au centre de toutes les interfaces

À la direction des opérations de Green Ways Côte d’Ivoire, Martin Kouakou assume un rôle de chef d’orchestre. Il ne s’agit pas seulement de “faire tourner” l’activité, mais de structurer l’entreprise autour d’un triptyque devenu vital dans le transit moderne : qualité, coût, conformité.

Son quotidien est fait de dossiers import-export, de documents à valider, de formalités douanières à sécuriser, de procédures à mettre à jour, de contrats à traiter, de grilles tarifaires à renégocier avec les armateurs, de relations institutionnelles à entretenir avec les autorités portuaires et les affaires maritimes. C’est aussi, et surtout, un poste où l’autorité se construit par la compétence : analyser les documents d’importation, suivre le traitement jusqu’à la livraison effective, garantir la conformité des déclarations, prévenir les retards, limiter les coûts additionnels, optimiser la relation client-fournisseur.

Dans un secteur où la confiance est une monnaie rare, il y a une compétence qui différencie les bons exécutants des leaders : la capacité à absorber la complexité sans la transférer au client. Le client veut une marchandise livrée, un délai tenu, un coût maîtrisé, un risque réduit. Martin Kouakou se positionne exactement là : au point de conversion entre la complexité du système et la simplicité attendue par le marché.

Une spécialisation précieuse : la rigueur des projets miniers et industriels

Le détail n’est pas anodin : Martin Kouakou a travaillé au contact de clients miniers majeurs et d’opérations de projets. Or, dans la logistique, le “project handling” est un univers à part. Ici, on ne déplace pas seulement des conteneurs standardisés. On gère des équipements, des pièces lourdes, des contraintes de sécurité, des itinéraires spécifiques, des autorisations, parfois des fenêtres de livraison ultra serrées. L’erreur y est plus coûteuse, le planning plus critique, et la coordination inter-parties plus dense.

C’est aussi un domaine où l’entreprise de transit n’est plus un simple prestataire, mais un partenaire d’exécution. Il faut comprendre les exigences du donneur d’ordre, intégrer ses procédures, maîtriser la conformité, documenter l’opération, anticiper la chaîne de validation. Cette culture de la rigueur est l’un des acquis structurants de son parcours.

Une trajectoire forgée dans le shipping et la consignation maritime

Avant d’occuper des fonctions de direction, Martin Kouakou a longtemps évolué au plus près du navire, du terminal, des formalités et des opérations portuaires. Chez Ignazio Messina & C. (2014–2020), il occupe des fonctions de Shipping & logistics Manager / Shipping & booking manager, avec des responsabilités très opérationnelles : suivi des escales et des formalités, assistance navire et équipage, contrôle et validation des factures portuaires, coordination booking et service client, gestion des conteneurs vides, stuffing, clearing, readiness au quai, supervision du discharge/loading et résolution des incidents avec le terminal, le port ou la douane.

Cette expérience est une école exigeante. Elle apprend le tempo du port, la lecture des signaux faibles, la gestion des urgences, et surtout la capacité à piloter des opérations sous pression tout en protégeant les intérêts du client et du “principle”. Dans le shipping, la performance ne se mesure pas uniquement en volumes, mais en absence d’incident, en maîtrise des charges, en fluidité de communication, en précision des reportings, et en respect des règles comme le VGM et les échanges électroniques.

Plus tôt encore, chez Diamond Shipping Services LLC à Dubaï (2011–2014), puis chez Athena Shipping (2009–2011), Martin Kouakou s’immerge dans la réalité des agences maritimes : berthing/sailing, EDA, opérations liner et tramp, supervision de navires (container, tanker, break bulk, car carrier), réunions portuaires, coordination d’équipage, gestion des claims, suivi des mouvements conteneurs en Côte d’Ivoire et dans l’hinterland. Ce passage par des univers très “port-centric” construit une compétence rare : comprendre l’écosystème du port non comme un décor, mais comme un système d’acteurs, de règles, de coûts et de risques.

Le passage par l’industrie : apprendre la logique usine et l’export

Avec Airone Seafood (2020–2022), il prend un angle différent : celui de l’industriel exportateur, où la logistique doit épouser la production. Suivi des formalités, cross-check des documents, organisation de l’équipe transit, planification export selon les volumes de l’usine, coordination booking avec les compagnies maritimes, supervision du clearing agent, gestion Webfontaine et relations douane/port, contrôle des mouvements conteneurs pour éviter les pénalités, validation des factures partenaires, optimisation des process pour gagner en qualité et réduire les coûts.

Cette étape complète son profil. Elle lui donne une lecture “client” de la chaîne logistique : la contrainte de planning, l’exigence de conformité documentaire, la nécessité de réduire les frictions administratives, l’impact financier des retards, et l’importance d’une coordination étroite entre opération et finance. Autrement dit : la logistique comme fonction stratégique, pas seulement opérationnelle.

Un leadership de terrain : machines, flotte, process et culture d’exécution

Ce qui ressort de ses responsabilités à Green Ways Côte d’Ivoire, c’est aussi la dimension très concrète du management : supervision d’une équipe technique, maintenance des machines, achat de pièces détachées, gestion d’une flotte (tracteurs, autoloader, challenger, chariots élévateurs), mise en place de systèmes de gestion de dépôt de conteneurs. Ce n’est pas un leadership “de bureau”. C’est un leadership d’exploitation, celui qui sait que la disponibilité d’un engin peut décider d’un délai, que la qualité d’une maintenance peut éviter une immobilisation coûteuse, que la sécurité des opérations se joue autant dans les procédures que dans l’état du matériel.

Dans un secteur en mutation rapide, où les clients exigent davantage de traçabilité, de visibilité et de conformité, ce type de manager devient central : il fait le lien entre la stratégie commerciale et la capacité réelle de production opérationnelle.

Une formation en phase avec l’ambition : mer, management, supply chain

La cohérence de Martin Kouakou se lit aussi dans son parcours académique. Formé à l’ARSTM (sciences marines, shipping et logistique) entre 2006 et 2008, il consolide ensuite une approche managériale avec un Master’s degree en Business Administration and Management (INSTEC, 2013–2014). Enfin, il approfondit la dimension procurement et supply chain avec un Engineering Master of procurement and logistics à l’ISM Paris (2023–2024).

Ce triptyque est révélateur : comprendre la mer et le port, maîtriser la gestion et la décision, puis structurer les pratiques modernes de la supply chain. Dans un environnement où les standards montent (digitalisation documentaire, exigences de conformité, optimisation coûts/délais, pilotage data), cet investissement dans la formation est une réponse directe aux enjeux du secteur.

Un profil stratégique pour une Côte d’Ivoire hub régional

Abidjan concentre des enjeux majeurs : plateforme logistique pour la Côte d’Ivoire, mais aussi point d’accès pour les pays de l’hinterland. Dans ce contexte, les métiers du transit et du shipping ne sont pas accessoires. Ils conditionnent la compétitivité des entreprises, la fluidité des exportations, la capacité des projets industriels et miniers à respecter leurs calendriers, et la performance globale des chaînes d’approvisionnement.

Le profil de Martin Kouakou s’inscrit exactement dans cette dynamique. Il combine la connaissance fine du port et de ses rouages, l’expérience du shipping international, la rigueur du dédouanement et de la conformité, la maîtrise du transport et du stockage, et une culture de l’exécution issue du terrain. À l’échelle d’une entreprise, c’est un atout. À l’échelle d’un écosystème, c’est un levier : celui des managers capables de transformer l’infrastructure en avantage compétitif.

La force d’un style : précision, responsabilité, continuité

Il y a des carrières construites sur la visibilité. Et d’autres construites sur la continuité : apprendre, exécuter, structurer, diriger. Martin Kouakou appartient à cette seconde catégorie. Son parcours raconte une progression nette, du poste d’agent maritime au management de chaînes logistiques complexes, avec une constante : la précision opérationnelle.

Dans un secteur où la moindre approximation se paye en délais, en coûts et en litiges, ce style est une valeur. Et dans une économie ivoirienne qui accélère, où les flux deviennent plus denses, plus exigeants, plus régionaux, la logistique n’est plus un service support : c’est une fonction stratégique. À cette frontière entre port, douane, route, client et industrie, Martin Kouakou s’affirme comme un pilote, au sens plein du terme : celui qui tient le cap au milieu des contraintes, pour livrer, au final, ce que le marché attend toujours… la fiabilité.

Mérimé Wilson

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