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Karim Coulibaly, l’homme de structure qui monte en puissance au cœur de l’État pétrolier ivoirien

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Dans l’industrie des hydrocarbures, les dirigeants les plus décisifs ne sont pas toujours les plus visibles. Certains construisent leur autorité dans la durée, à l’intersection des chiffres, de la gouvernance, du risque et de la stratégie. Karim Coulibaly appartient à cette catégorie rare. En Côte d’Ivoire, où le secteur énergétique est redevenu un levier majeur de souveraineté économique, sa nomination au poste de Directeur général adjoint chargé de l’Administration et des Finances de PETROCI Holding l’a installé au centre d’un appareil stratégique pour le pays. Le comité de direction de l’entreprise publique le présente aujourd’hui comme l’un des piliers de sa gouvernance exécutive.

Le parcours de Karim Coulibaly impressionne d’abord par sa cohérence. Il ne s’est pas construit dans les effets d’annonce, mais dans la maîtrise progressive des rouages financiers et organisationnels. Formé en études comptables supérieures entre l’INP-HB, l’ESCAE et l’ECS, il complète ensuite son socle technique par un Master CCA à l’ESCAE de Niamey et au CIFEC d’Abidjan, avant d’ajouter à son profil un certificat UNESCO d’expert en développement. Cette trajectoire académique dit déjà quelque chose de son logiciel professionnel : une combinaison d’exigence comptable, de rigueur d’audit et d’ouverture aux enjeux de développement.

Sa carrière démarre chez Mazars Côte d’Ivoire, où il passe près de dix ans à gravir les échelons du cabinet, d’assistant à senior manager. Cette décennie n’a rien d’anodin. Elle le forge au contact de missions d’audit légal, contractuel et de conseil touchant aussi bien le secteur public que l’énergie, l’industrie et l’agro-industrie. Dans cet environnement, il apprend ce qui manque souvent aux managers de haut niveau : tenir ensemble la précision technique, la discipline méthodologique, la gestion d’équipes et la relation client. Chez Mazars, il ne se contente pas d’exécuter ; il encadre, arbitre, structure, développe. C’est là que se consolide cette aptitude précieuse à relier la lecture financière à la décision opérationnelle.

Le tournant suivant s’opère en 2014, lorsqu’il rejoint Foxtrot International, acteur central du gaz naturel ivoirien. L’entreprise se présente comme le principal producteur de gaz naturel du pays et un fournisseur-clé du secteur électrique national, alimentant notamment plusieurs centrales thermiques ainsi que PETROCI et la SIR pour des usages industriels. Dans un tel univers, Karim Coulibaly change d’échelle. Comme Directeur financier de 2014 à 2018, puis Secrétaire général de 2019 à 2024, il évolue au cœur d’un secteur où les équilibres entre finance, réglementation, contrats, production et intérêts publics sont particulièrement sensibles.

Ce passage chez Foxtrot est sans doute celui qui révèle le mieux sa singularité. Beaucoup de profils savent tenir une direction financière. Moins nombreux sont ceux qui réussissent ensuite à se hisser vers une fonction de secrétaire général, c’est-à-dire vers un rôle de coordination institutionnelle et de gouvernance. Cette double expérience suggère une qualité déterminante : Karim Coulibaly n’est pas seulement un financier de métier, mais un organisateur de systèmes complexes. Selon sa biographie publiée par la SAIPEC, il y a développé des compétences fortes en stratégie financière, gestion des risques, gouvernance d’entreprise et compréhension des contrats et environnements multi-acteurs de l’amont pétrolier et gazier. La même source indique qu’il a également présidé ENERCI entre 2015 et 2024, la joint-venture entre PETROCI et Foxtrot.

Cette expérience explique la logique de sa montée en responsabilité au sein de PETROCI. Sa nomination à la direction générale adjointe, rendue publique fin 2024, intervient dans un moment de réaménagement de l’organigramme de la compagnie nationale. Plusieurs sources concordantes ont alors souligné que PETROCI regroupait ses fonctions de direction adjointe dans une architecture plus resserrée, confiant à Karim Coulibaly la responsabilité de l’administration et des finances. L’enjeu dépasse la simple mobilité de carrière. Dans une entreprise publique chargée de la recherche, de l’exploitation, du stockage, du commerce et du transport des produits pétroliers, la solidité de la chaîne administrative et financière conditionne directement la qualité d’exécution stratégique.

C’est précisément là que Karim Coulibaly semble incarner une nouvelle génération de dirigeants énergétiques ivoiriens. Ni pur technicien de terrain, ni profil strictement bureaucratique, il apparaît comme un manager de l’interface. Son capital professionnel repose sur sa capacité à faire dialoguer l’exigence de contrôle avec les impératifs de croissance, la conformité avec la rapidité d’exécution, la gouvernance avec les ambitions industrielles. Dans le pétrole et le gaz, cette grammaire du pouvoir est décisive. Les marchés peuvent fluctuer, les projets peuvent se complexifier, les attentes de l’État peuvent évoluer ; ce sont alors les dirigeants capables de stabiliser l’architecture interne qui font réellement avancer les institutions.

Son style de leadership, à la lecture de son parcours, semble d’ailleurs fondé sur la construction patiente plus que sur la démonstration. Chez Mazars déjà, il était impliqué dans le management d’équipes nationales et internationales, dans la formation, dans les plannings, dans les évaluations et dans le développement commercial. Cette culture de l’encadrement, prolongée ensuite dans l’univers énergétique, dessine un profil de bâtisseur de cadres. Autrement dit, un dirigeant qui comprend que la performance durable ne repose pas seulement sur les décisions spectaculaires, mais sur des organisations solides, des circuits fiables et des arbitrages propres.

Dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, cette compétence a une portée bien plus large que son intitulé de fonction. Le pays veut consolider sa place dans la chaîne de valeur énergétique régionale, tirer davantage de valeur de ses ressources en hydrocarbures et renforcer ses instruments de souveraineté économique. Dans cette perspective, PETROCI ne peut être seulement une société publique ; elle doit devenir une plateforme d’exécution stratégique crédible, lisible et performante. Un dirigeant comme Karim Coulibaly y joue un rôle crucial, parce qu’il apporte une culture de la discipline financière sans perdre de vue les réalités de l’industrie.

Au fond, son itinéraire raconte quelque chose d’important sur l’évolution du leadership économique ivoirien. Il ne s’agit plus seulement de faire émerger des figures brillantes, mais des profils complets, capables de traverser plusieurs univers professionnels, de l’audit au corporate, du privé à la sphère parapublique, de la finance à la gouvernance. Karim Coulibaly s’inscrit dans cette lignée. Son ascension n’est pas celle d’un homme de lumière, mais celle d’un homme de charpente. Et dans les secteurs stratégiques, ce sont souvent ces profils-là qui laissent les empreintes les plus durables.

Mérimé Wilson

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