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Antoine RESK DIOMANDÉ, PhD : l’architecte ESG qui veut transformer l’impact en avantage compétitif

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À Abidjan, l’ESG n’est plus un supplément d’âme. C’est une grille de lecture stratégique, un langage commun entre industriels, financiers, régulateurs et communautés. Au cœur de cette bascule, une génération de profils hybrides s’impose : capables de parler données, risques et réputation avec la même précision. Antoine RESK DIOMANDÉ, PhD, appartient à cette lignée. Depuis janvier 2024, il occupe le poste de Group Director ESG, Impact & Foundation au sein d’ATLANTIC GROUP S.A., avec une feuille de route claire : bâtir des programmes ESG solides et un reporting crédible sur des activités aussi différentes que le cacao, la meunerie ou la production de ciment tout en pilotant l’action de la Fondation du groupe.

Son profil intrigue parce qu’il assemble des mondes que l’on a longtemps opposés : la communication corporate (où il a fait ses armes), la durabilité opérationnelle (où il a pris de la hauteur) et la gouvernance d’impact (où il structure aujourd’hui des standards). Son parcours n’est pas linéaire ; il est cohérent. Il raconte une conviction : on ne transforme pas une chaîne de valeur par des slogans, mais par des méthodes, des exigences et une capacité à embarquer.

Du récit de marque à la preuve : une trajectoire construite sur la crédibilité

Avant d’être un dirigeant ESG, Antoine RESK DIOMANDÉ est un spécialiste du sens : docteur en sciences de l’information et de la communication, formé à Lyon, avec une thèse portant sur l’impact de la RSE dans les reconfigurations de marque et les discours organisationnels.
Ce socle académique n’est pas un détail : il éclaire sa manière de travailler. Là où d’autres voient l’ESG comme un chapitre de communication, lui le traite comme un système de preuves : des indicateurs, des procédures, des audits, des arbitrages et, surtout, une cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait.

Cette exigence s’est matérialisée dans l’industrie du cacao, lorsqu’il rejoint CÉMOI en 2017 sur des fonctions de communication, avant d’être nommé responsable RSE du groupe. Dans un secteur exposé aux enjeux de traçabilité, de déforestation et de travail des enfants, l’exercice est immédiat : la durabilité n’y est pas un discours, c’est une condition d’accès à certains marchés, un sujet de conformité et une bataille de confiance.

Une école de l’exécution : ONG terrain, conseil, et audit extra-financier

La suite de son parcours ressemble à une montée en puissance « par le réel ». Il passe par Earthworm Foundation, organisation reconnue pour son travail de transformation des chaînes d’approvisionnement et d’accompagnement d’entreprises sur le terrain, au plus près des producteurs et des écosystèmes. Puis il rejoint EY sur les problématiques climat et durabilité, au carrefour de la conformité, du risque et du reporting extra-financier; l’endroit précis où l’ESG cesse d’être une intention pour devenir un objet d’audit, donc de responsabilité.

En 2023, retour en Côte d’Ivoire : chez AGRO-MAP, il intervient en tant que Director Advisory ESG & Sustainable Supply Chain / Transition Manager, avec un focus sur les solutions fondées sur la nature, la décarbonation, la transparence et la gestion des risques ESG liés aux supply chains.

Cette séquence est structurante : elle lui donne une lecture à 360°. L’ESG n’est pas seulement une affaire d’environnement ; c’est une combinaison de risques, de coûts, de procédures, d’exigences réglementaires, de pression des investisseurs et d’acceptabilité sociale. Autrement dit : un sujet de direction générale.

Chez Atlantic Group : industrialiser l’ESG, piloter l’impact, sécuriser la confiance

Depuis janvier 2024, Antoine RESK DIOMANDÉ orchestre l’ESG à l’échelle groupe chez Atlantic Group, avec une approche qui tient en trois verbes : structurer, mesurer, embarquer.

1) Structurer : politiques, standards, systèmes

Son périmètre couvre la stratégie ESG, la définition de politiques, la diligence environnementale et sociale, l’implémentation d’outils type ESMS (Environmental & Social Management System) et l’alignement sur des exigences de bailleurs. Cette logique est centrale : dans les groupes multi-activités, l’ESG échoue souvent parce qu’il reste local, fragmenté, non comparable. Son enjeu, au contraire, est de rendre l’ESG pilotable : mêmes principes, mêmes référentiels, des adaptations sectorielles, mais une gouvernance commune.

2) Mesurer : empreinte carbone, achats responsables, performance d’impact

Cacao, ciment, meunerie : trois univers, trois profils d’empreinte, trois risques sociaux et environnementaux distincts. Ici, l’ESG utile n’est pas celui qui empile des initiatives ; c’est celui qui priorise : où sont les impacts les plus matériels ? quels sont les risques de rupture ? où faut-il investir en prévention plutôt qu’en réparation ? C’est l’esprit même de l’analyse de matérialité que les meilleurs standards de reporting encouragent.

3) Embarquer : parties prenantes, communautés, réputation

L’autre singularité du poste : la Fondation. Atlantic Group met en avant des initiatives sociales et communautaires, et son directeur ESG intervient aussi sur des sujets de philanthropie d’impact. La frontière est fine : une fondation peut renforcer la légitimité d’un groupe, mais uniquement si elle s’inscrit dans une trajectoire crédible, connectée aux réalités des territoires, et articulée avec le cœur de métier.

Sur ce point, des prises de parole publiques le montrent : Antoine RESK DIOMANDÉ insiste sur l’impact comme engagement concret et sur la nécessité de travailler avec les acteurs locaux.

Ce que son profil dit de la Côte d’Ivoire qui vient

Au fond, ce portrait dépasse un individu. Il raconte une économie ivoirienne et régionale qui change de vitesse.

  • Les marchés deviennent plus exigeants : traçabilité, déforestation, transparence des chaînes d’approvisionnement, conformité aux nouvelles règles de durabilité.
  • Les investisseurs et partenaires financiers demandent des standards : diligences, plans de mitigation, reporting, gouvernance.
  • Les communautés attendent des preuves : emplois décents, sécurité, dialogue, respect des territoires et des écosystèmes.

Dans ce contexte, le rôle d’un directeur ESG groupe n’est plus un rôle “support”. C’est un rôle de sécurisation (réputation, risques, conformité), de performance (efficacité énergétique, réduction des pertes, achats durables) et de différenciation (accès à des marchés, préférence de marque, confiance).

Antoine RESK DIOMANDÉ se présente par ailleurs comme board member et ESG C-suite advisor — une posture cohérente avec cette tendance : l’ESG remonte au Conseil, parce que c’est là que se décident les arbitrages entre croissance, risque et durabilité.

Un leadership de méthode

Ce qui se dégage, c’est un leadership moins spectaculaire que déterminant : celui de la méthode. Audit, gap analysis, standards, systèmes de management, gestion HSE, mesures d’impact, engagement parties prenantes… Cette grammaire, souvent jugée technique, est en réalité politique : elle dit comment une organisation se discipline pour tenir ses engagements.

Et c’est peut-être là la marque des dirigeants ESG qui compteront : ceux qui savent transformer un mot (durabilité) en processus, puis en résultats, et enfin en avantage compétitif.

Dans un pays où les champions économiques se globalisent et où les chaînes de valeur deviennent plus sensibles, Antoine RESK DIOMANDÉ incarne une fonction appelée à devenir centrale : faire de l’impact une stratégie et de la stratégie, une promesse tenue.

Mérimé Wilson

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