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Nicole MALAN, l’Ivoirienne au cœur de la nouvelle équation électrique africaine

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À la tête des activités Power Systems et Infrastructure de Schneider Electric en Afrique subsaharienne, Nicole Malan porte une responsabilité stratégique : accompagner la transformation des systèmes électriques dont dépendent l’industrialisation, la transition énergétique et la compétitivité des entreprises.

La compétitivité d’une usine commence aussi au poste électrique qui l’alimente. Une interruption, un équipement défaillant ou une maintenance mal anticipée peuvent compromettre une production, désorganiser une chaîne logistique et réduire une marge. Derrière les ambitions industrielles africaines se trouve ainsi une exigence concrète : disposer d’une électricité fiable et d’infrastructures capables de soutenir durablement l’activité économique. C’est sur ce terrain que Nicole Malan exerce désormais ses responsabilités.

Le 12 août 2026, Schneider Electric a annoncé sa nomination comme vice-présidente Power Systems et Infrastructure pour l’Afrique subsaharienne. Après avoir dirigé les activités Power Systems en Afrique francophone et exercé les fonctions de directrice du hub Afrique francophone et îles, l’Ivoirienne prend la responsabilité d’un périmètre où se croisent modernisation électrique, digitalisation et transition énergétique. Une nouvelle étape dans un parcours construit entre ingénierie, conduite de projets et management international.

Pour comprendre cette trajectoire, il faut regarder ce qui précède les titres. Nicole Malan débute dans l’automatisation industrielle chez Invensys, en France, puis travaille sur des projets d’infrastructures gazières chez GRTgaz. Chez AREVA NP, elle approfondit ensuite la gestion des affaires et des contrats. Ces expériences la placent au contact des contraintes qui déterminent la réussite d’un projet industriel : les délais, les coûts, les engagements contractuels et la coordination des intervenants.

Son parcours permet de lire sa progression sous un angle précis : celui du passage de la maîtrise technique à la responsabilité économique. Une infrastructure doit fonctionner, mais elle doit également être livrée dans des conditions qui préservent sa viabilité et celle des entreprises qui la réalisent. Cette articulation entre technologie et exécution constitue un fil conducteur particulièrement pertinent pour les marchés africains, où les besoins d’équipement doivent composer avec des budgets contraints et des exigences croissantes de performance.

Sa formation renforce cette lecture. Diplômée en ingénierie de l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny, Nicole Malan a complété son cursus par des études en management industriel, projet et supply chain à CentraleSupélec, puis en finance à l’IAE Paris-Sorbonne Business School. L’association de ces disciplines fournit une grille de compréhension qui relie conception, organisation et investissement.

L’ancrage africain prend une dimension opérationnelle lorsqu’elle rejoint, en 2016, le groupe Albedo à Abidjan comme directrice du développement des affaires. Elle entre chez Schneider Electric en février 2019, où elle assume successivement des responsabilités dans les appels d’offres, la gestion et l’exécution des projets, avant d’accéder au pilotage régional. Cette progression donne à sa nomination actuelle une cohérence : elle s’appuie sur une expérience des projets autant que sur celle des organisations.

Son actualité récente éclaire le contenu de cette responsabilité. Dans une communication publiée le 30 septembre 2026, à l’approche de la convention de l’Association of Municipal Electricity Utilities, programmée du 4 au 7 octobre à Polokwane, en Afrique du Sud, Nicole Malan souligne la portée durable des choix d’infrastructure. Schneider Electric y annonce des solutions associant équipements électriques sans SF₆, surveillance des installations et outils numériques destinés à accompagner la modernisation des réseaux.

L’enjeu économique apparaît clairement : améliorer la connaissance de l’état des équipements pour mieux décider quand intervenir, renouveler ou investir. La digitalisation électrique prend alors une valeur très concrète. Elle peut aider les exploitants à anticiper certaines défaillances et à organiser la maintenance, avec pour objectif de réduire les interruptions et de mieux utiliser les infrastructures existantes. Pour les entreprises clientes, cette continuité conditionne la capacité à produire et à tenir leurs engagements.

La Côte d’Ivoire offre une illustration de cette orientation. Le 7 juillet 2026, Schneider Electric y a annoncé le déploiement de sa gamme AirSeT, avec une prise de parole de Nicole Malan sur la nécessité de construire des infrastructures adaptées aux prochaines décennies. Ces équipements de moyenne tension utilisent l’air pur et des technologies de coupure dans le vide, permettant de se passer du SF₆ dans les solutions concernées.

Pour un pays qui développe ses capacités de transformation industrielle, le sujet dépasse le choix d’un équipement. Il concerne la qualité des investissements réalisés aujourd’hui et leur capacité à accompagner les usages de demain. La transition énergétique se joue aussi dans ces décisions moins visibles : les dispositifs de protection, les postes de distribution, la maintenance et les compétences nécessaires à leur exploitation.

À cette échelle, le défi de Nicole Malan consiste à traduire une ambition technologique en solutions adaptées à des marchés très différents. Les besoins d’un distributeur d’électricité, d’une collectivité ou d’un industriel ne se confondent pas. Le coût initial, la disponibilité des pièces, la formation des équipes et la qualité du service deviennent aussi déterminants que les caractéristiques techniques.

Son parcours place ainsi une dirigeante ivoirienne au cœur d’une question décisive pour le continent : comment transformer l’investissement électrique en capacité productive durable ? La portée de ses nouvelles fonctions se mesurera dans cette rencontre entre les technologies proposées et les résultats obtenus sur le terrain. Une installation fiable, une maintenance mieux préparée, une activité moins exposée aux interruptions : c’est aussi par ces avancées que se construit la puissance économique africaine.

Liliane LEUGANG

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