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Les Nouveaux Boss saison 2 Abidjan met les entrepreneurs africains à l’épreuve du capital

La deuxième saison des Nouveaux Boss privilégie des entreprises ayant déjà démontré une activité commerciale. À Abidjan, TV5MONDE et WeMake Productions ont présenté une sélection plus exigeante et un jury d’investisseurs élargi, après un bilan annoncé de plus de 3 millions d’euros levés par sept entrepreneurs de la première promotion.

À Taïwan, Rachid Salik découvre Les Nouveaux Boss sur TV5MONDE. L’investisseur, installé dans la Silicon Valley, suit le programme et échange avec Yassine Laghzioui, l’un de ses mentors. À Abidjan, où il rejoint le jury de la deuxième saison, il raconte cette rencontre à distance. « Je suis ici parce que je crois que je peux trouver ce champion », explique-t-il. Son parcours jusqu’au programme illustre la portée internationale que la télévision peut donner aux projets africains.

Bouchra Réjani, fondatrice de WeMake Productions, présente un bilan financier de plus de 3 millions d’euros levés par sept entrepreneurs de la première promotion, soit un montant supérieur à 1,96 milliard de francs CFA. Ces opérations, réalisées à différentes étapes de leur parcours, constituent les résultats annoncés par la production de cette création originale de TV5MONDE et WeMake Productions.

Quatre investisseurs pour ouvrir davantage de perspectives

Le jury passe de trois à quatre membres. Élisabeth Moreno, présidente de Ring Africa, et Ali Mnif, directeur des investissements de Digital Africa, poursuivent l’aventure. Ils sont rejoints par Rekia Foudel, fondatrice de Barka Fund, et Rachid Salik, investisseur membre de Band of Angels, dans la Silicon Valley. L’élargissement met les finalistes en relation avec des interlocuteurs aux expériences et aux approches du financement différentes.

Rekia Foudel a insisté sur la préparation financière des entreprises. Même à un stade précoce, le dirigeant doit suivre ses recettes, ses dépenses et son chiffre d’affaires. Cette discipline lui permet de présenter une activité lisible et de conduire les discussions sur son financement. La levée de fonds demande, elle aussi, un apprentissage : comprendre les attentes des investisseurs et savoir expliquer les moyens nécessaires à la croissance.

Une sélection davantage fondée sur la réalité commerciale

Interrogée par IVOIRE CEO sur les critères économiques de cette saison, Bouchra Réjani a précisé que la sélection avait été plus exigeante en matière de traction, c’est-à-dire de signes tangibles de développement commercial. La production privilégie davantage des entrepreneurs ayant déjà une activité à accélérer. Elle veut « accélérer plus rapidement et plus fort », en s’appuyant sur les compétences réunies à La Station et sur les attentes des investisseurs.

Yassine Laghzioui, à la tête d’UM6P Ventures et mentor du programme, a développé cette exigence pendant la conférence. Une technologie peut impressionner sans rencontrer de demande solvable. L’entrepreneur doit donc commencer par comprendre les utilisateurs, identifier le problème qu’ils cherchent à résoudre et vérifier leur disposition à payer. Une solution encore imparfaite peut trouver des clients dès lors qu’elle répond efficacement à un besoin réel.

Le parcours s’appuie sur des présélections en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Maroc et en République démocratique du Congo. Seize entrepreneurs rejoignent La Station, la résidence entrepreneuriale organisée à Abidjan, avant la sélection de dix finalistes. Les quatre mentors y accompagnent les candidats à travers des ateliers, des mises en situation et des échanges avec des experts.

Claude Borna, qui dirige Sèmè City au Bénin, a expliqué la complémentarité entre la formation et le mentorat. Les ateliers abordent le modèle économique, la présentation du projet ou l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’entreprise. Le mentor aide ensuite le dirigeant à répondre aux interrogations que ces apprentissages soulèvent, en tenant compte de son parcours et des difficultés de son activité.

Des réseaux accessibles et des règles stables

Nicole Sulu, entrepreneure congolaise et fondatrice du réseau Makutano, a insisté sur les obstacles rencontrés par les femmes. La solidité de leurs projets ne suffit pas à leur garantir un accès équivalent au financement. Les difficultés concernent également les réseaux professionnels, les partenaires et les espaces de décision. Son intervention rappelle que la mise en relation fait partie de l’accompagnement économique : elle permet de présenter une entreprise aux personnes capables de soutenir son développement.

A’Salfo a replacé la résilience dans l’expérience de l’entrepreneur. Le mentor ivoirien a évoqué les échecs qui ont contribué à sa propre construction et la nécessité de poursuivre son projet malgré les difficultés. Son intervention rejoint le travail mené à La Station : apprendre à corriger son approche et à tirer des enseignements des obstacles rencontrés.

Les échanges ont aussi porté sur les conditions d’accueil du capital. Élisabeth Moreno a insisté sur la stabilité des règles et la prévisibilité fiscale, nécessaires pour rassurer les investisseurs, africains comme étrangers. L’accès au financement dépend ainsi de la qualité des entreprises présentées et de l’environnement dans lequel leurs partenaires acceptent de prendre des risques.

Répondant à une question sur le suivi des candidats, Bouchra Réjani a indiqué que la production maintenait les échanges avec les entrepreneurs après la finale. Le parcours télévisuel comprend huit épisodes, destinés à TV5MONDE et TV5MONDE+, des présélections jusqu’à la rencontre avec les investisseurs. L’accompagnement et les discussions financières peuvent se poursuivre au-delà de la diffusion.

Walter N, Oswald Marie

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